exhibitions

Drawing Now Paris - STAND B9

  • 30.03.2016 - 03.04.2016|

Drawing Now Paris 2016 au Carreau du Temple du 30 mars au 3 avril 2016

Katharina Ziemke peignait à l’huile des personnages, isolés, frontaux, portraits souvent anonymes ou figures abandonnées à un sort incertain. L’incertitude de leur destin a gagné leur apparence : corps tronqués, morcelés, mangés par le clair-obscur, tandis que le support papier a remplacé la toile quelques années plus tard. Katharina Ziemke a mis au point une toute autre technique, proche de la gravure sur bois. Une composition abstraite formant un kaléidoscope de couleurs constitue un fond qui est recouvert de cire noire, qu’elle creuse de fins sillons. Avec cette technique qu’elle nomme « grattage » elle dessine ses sujets à la pointe du couteau. « J’ai toujours été fidèle à la figuration, précise-t-elle, même si je considère que la couleur, qui est si importante pour moi, est une forme d’abstraction. (…) C’est pour cela que j’adore Bonnard : au-delà des sujets, je vois surtout le jaune, l’orange, je vois la lumière, l’élan de la vie et la force des émotions. » Cette lumière, Katharina la fixe aussi d’une autre manière, en noir et blanc à l’encre de Chine sur un papier de riz, considérant que « le noir et blanc, sans la couleur, est une réduction à l’essentiel, à la composition, à l’architecture de l’image. Cela révèle la lumière et les ombres. Or la lumière est composée de toutes les couleurs du spectre. En ce sens, même les grattages sont en noir et blanc. A l’inverse, j’ai parfois l’impression que les encres sont très colorées. Dans les encres de Chine j’aime beaucoup l’aléatoire de l’eau et le côté très sensuel du papier satiné, presque comme un tissu. »

Certains de ses sujets paraissent incontestablement tragiques, comme ces enfants marchant sur des voies de chemin de fer le long de sombres wagons évoquent un train de la mort pendant la seconde Guerre Mondiale, d’autres sont d’inspiration fantasmagorique (comme cet éléphant dans le lobby d’un grand hôtel de New York) ou bien évoquent l’univers du cirque avec l’apparition du costume d’harlequin qui fait penser à la période rose de Picasso.

Qu’une image ait servi de point de départ ne signifie pas pour autant que l’imagination soit absente. Pour Katharina : « Quand une photo m’intéresse elle me « rappelle » quelque chose qui avait été enseveli. Ça refait surface. Comme dans un bain photographique. J’ai vraiment besoin de la photographie, comme d’un squelette sur lequel peuvent se greffer et se cristalliser les formes. » Si certaines scènes renvoient à un souvenir précis, d’autres sont plus floues mais toutes fonctionnent sur le mode archéologique. Là réside la force de ces œuvres subtiles dont la technique de « révélation » renvoie à leur dimension analytique. Il y a dans l’œuvre au noir de Katharina Ziemke, une volonté d’explorer l’inconscient qui fait penser à la peinture de Max Beckmann pour lequel elle ressent de l’admiration : « J’ai beaucoup observé chez Beckmann les obstacles des premiers plans. On y voit des scènes à moitié cachées, comme un inconscient qui déborde de derrière une barrière. C’est cela que j’ai essayé de faire. Je dois montrer ce que je ressens et y adjoindre une forme. Il faut donner une forme à l’inconscient. »

Présentation d’un nouvel ouvrage monographique, 179 pages, avec un texte de Thomas Ostermeier et un entretien de l’artiste avec Anaël Pigeat publié avec le concours de vingt-six contributeurs et de la Galerie Zürcher.


Expositions personnelles / Einzelausstellungen / Solo Exhibitions : (Sélection)

2016 Solo Show, Drawing Now (Art Fair), Paris / 2015 Sweet Ghosts of Doubt, Zürcher Gallery, Paris / 2013 Katharina Ziemke & Damien Cadio, Andreas Grimm, Munich / 2012 It Takes A Million Years to become Diamonds So Let’s Just Burn Until The Sky’s Black, with Damien Cadio, Manzoni Schäper Gallery, Berlin / 2011 Chains, Chains, Chains, Zürcher Gallery, Paris / 2010 Nerfs, Two Part-Video installation in association with D. Cadio, Heroes, Berlin / 2009 The Thicket, Zürcher Studio, New York

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