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Wang Keping

  • 19.03.2016 - 11.06.2016|


Le sculpteur chinois Wang Keping, né en 1949 - l’année de l’avènement de la République populaire de Chine - après 29 ans d’exil (il a été expulsé en 1984), connaît enfin la reconnaissance dans son pays d’origine : une première rétrospective lui a été consacrée à Pékin en 2014 par l’UCCA (Ullens Center for Contemporary Art). En France, il vient de terminer une œuvre monumentale, Les Gardiens, pour le Château de la Celle-Saint-Cloud, propriété du ministère des Affaires Etrangères.

La galerie Zürcher est particulièrement fière de l’avoir soutenu et maintes fois exposé depuis 1986 à Paris puis à New York (depuis 2011). Wang Keping est, à la fin des années 1970, l’un des fondateurs du premier groupe d’artistes chinois non-officiels (aussi appelés « non-conformistes ») baptisé Xing Xing (Les Etoiles) parce que se souvient-il « nous étions alors les seules lueurs qui brillaient dans une nuit sans fin ».

A l’âge de 18 ans il est l’un de ces « gardes rouges » disciples de Mao, avant de se retrouver lui-même pris dans la tourmente de la Révolution Culturelle. Survivant au régime des camps de rééducation, il décide de devenir sculpteur à la fin des années 1970 et choisit le bois comme matériau de prédilection. Contestataire, ses premières œuvres sont explicitement provocantes : Idole ou Silence (1979) eurent un grand retentissement et furent exposées au Centre Georges Pompidou en 1989 et plus récemment à New York (China Institute in America, 2011). Un esprit de provocation qui l’anime toujours, mais à la différence de son ami Ai Weiwei, également membre du groupe à cette époque, c’est par la sensualité poussée parfois jusqu’à l’érotisme. Réfugié en France en 1984, Wang a orienté ses recherches vers une universalité des formes. Mais c’est la brûlure du feu qui donne au bois de ses sculptures sa patine noire, expression d’une brûlure intime qui ne s’effacera jamais. Bernard Zürcher

A propos de son ami Wang Keping, Ai Wei Wei a écrit : « Wang Keping et moi, nous nous sommes rencontrés il y a 35 ans.

Selon Ai Wei Wei : "C’est un artiste au style très caractéristique qui a développé l’œuvre la plus marquante au sein du groupe des Etoiles, et ce depuis ses débuts, grâce à la forte teneur politique de ses œuvres et le charme brut de la sculpture en bois."

En 1949, il a été le premier artiste à critiquer et tourner en dérision les idoles politiques chinoises. A l’époque, c’était une démarche extrêmement subversive. Si l’on considère que Les Etoiles ont enclenché la lutte en faveur de la liberté d’expression pour les artistes contemporains chinois, le travail de Wang Keping en est certainement le plus emblématique. Lorsqu’on parle du groupe des Etoiles et de l’art contemporain chinois de la fin des années 1970, la relation du travail de Wang Keping avec le mouvement du Mur de la démocratie est incontournable. En Chine, nous n’étions que de lointaines connaissances ; et par la suite, je suis parti aux Etats-Unis et lui en France. En tant qu’artistes contemporains, nous avons tous deux ressenti le poids du régime politique sur notre création et la peur de la censure. C’est seulement après de nombreuses années que nous nous sommes liés d’amitié, quand, à New York, il vécut dans mon appartement du Lower East Side sur East 3rd Street. Nous nous sommes très bien entendus alors et nous avons passé notre temps à parler d’art et à aller dans des galeries. Nous avons même visité le Philadelphia Museum of Art ensemble. L’œuvre de Wang Keping associe une approche traditionnelle de la sculpture à un usage profondément original des matériaux et des textures. C’est cette approche et cette technique si uniques, alliées à sa compréhension des formes abstraites et de l’espace, qui confèrent à son œuvre la sensibilité et la personnalité propre à l’art contemporain. »

Essai d’Ai Wei Wei dans « Wang Keping », catalogue publié à l’occasion de l’exposition personnelle de l’artiste au Ullens Center for Contemporary Art (UCCA) à Pékin du 27 septembre 2013 au 5 janvier 2014.

Wang Keping, film réalisé par Suy Nhek en 2007


INAUGURATION des sculptures de Wang Keping par le Premier Ministre Manuel Valls et la Ministre de la Culture Audrey Azoulay au Domaine de Chaumont-sur-Loire, le 1er avril 2016.


After 29 years of exile, Wang Keping is finally a recognized artist in China, the country where he was born in 1949 -the first year of the People’s Republic of China- and banished in 1984. In 2014, the UCCA (Ullens Center for Contemporary Art) organized the first retrospective exhibition of his work in Beijing. In France, the artist just finished Les Gardiens, a monumental installation at the Château de la Celle-Saint-Cloud, estate of the Ministry of Foreign Affairs.

Zürcher Gallery is proud to be a long-term supporter of his work and to have exhibited it many times in Paris since 1986 and New York since 2011. At the end of 1970’s, Wang Keping was one of the founders of the first unofficial group of Chinese Artists (also referred as the “nonconformists”) named Xing Xing (meaning the “Stars”) since “then, we were the only stars shining in the dark of the night” as the artist recalls.

At 18, Wang Keping was one of Mao’s “red guards”, before being himself plunged in the turmoil of the Cultural Revolution. The artist survived reeducation camps and decided to become a sculptor at the end of the 1970’s. Wood was his signature material from the start. His first sculptures were explicitly provocative and anti-establishment : Idol and Silence (1979) drew a lot of attention. They were exhibited at the Centre Georges Pompidou in 1989 and more recently at the China Institute in America of New York, in 2011. Wang Keping’s work is provocative in nature, but also, unlike his friend Ai Wei Wei, another member of the unofficial Chinese artist group, deeply sensual if not erotic at time. Wang Keping sought asylum in France in 1984, and directed his artistic research toward universal form. The black patina of his wood sculptures comes from the burning of fire and alludes to the incandescent open wound within him. Bernard Zürcher

Ai Wei Wei wrote about his friend Wang Keping : « It has been 35 years since Wang Keping and I met in 1979. We were both young then. Wang Keping is an artist with strong characteristics, whose work is the most powerful among the Stars Group, expressing a strong political charge and primitive charm unique to wooden sculptures, ever since the beginnings. He is the first person in China since 1949 to reposition political idols into targets of satire and criticism. This was very shocking at the time. If we are to say that the Stars Group opened the first window to the fight for freedom in artistic expression for Chinese contemporary art, Wang Keping’s work would be the most characteristic spectacle from this open window. When we talk about the Stars Group and Chinese contemporary art at the late 1970’s, it is essential to discuss the relationship between Wang Keping’s work and the Democracy Wall movement. We were only loosely acquainted in China. Later I went to the United States and he headed to France. We both felt the political pressure in making art as contemporary artists and the fear generated from censorship policies. Many years have passed before we reconnected in New York ; he lived at my East 3rd Street apartment at Lower East Side. We had a great time together, discussing art and visiting galleries. We even went to see the Philadelphia Museum of Art together. Wang Keping’s art possesses both a traditional understanding for sculptures and a unique interpretation for material and textures. This individualistic interest and treatment, as well as his understanding of abstract form and space, give his work the personality and sensitivity of contemporary art. »

Ai Weiwei, essay in "Wang Keping", catalogue published to accompany the solo exhibition of Wang Keping at the Ullens Center for Contemporary Art (2013.09.27 to 2014.01.05)


Expositions historiques

1980 : Première exposition officielle du groupe « Les Etoiles » au Musée national d’Art de Chine, Pékin.
1979 : Première exposition non-officielle du groupe « Les Etoiles » devant le Musée national d’Art de Chine, Pékin.

Expositions personnelles (Sélection)

Wang Keping, Zürcher Gallery, New York (2016) ; Wang Keping, Ullens Center for Contemporary Art (UCCA), Beijing (2014) ; Women, Zürcher Studio, New York (2013) ; Ben Brown Fine Arts, London (2013) ; Renaissance, Galerie Zürcher, Paris (2012) ; Wood, Flesh Form,10 Chancery Lane Gallery, Hong Kong (2012) ; Zürcher Gallery, New York (2011) ; La Chair des forêts, Musée Zadkine, Paris (2010) ; He Xiangning Art Museum, Shenzhen (2008) ; 10 Chancery Lane Gallery, Hong Kong (2007) ; Galerie Zürcher, Paris (2006) ; Galerie Grand Siècle, Taipei (2005) ; Galerie Zürcher, Paris (2003) ; 10 Chancery Lane Gallery, Hong Kong (2002) ; Déesses, Galerie Zürcher, Paris (2001) ; Galerie Zürcher, Paris (1999) ; Galerie Zürcher, Paris (1998) ; Alisan Fine Art, Hong Kong (1997) ; The Hong Kong University of Science and Technology, Hong Kong (1997) ; Ethan Cohen Gallery, New York (1996).


CONCERT EXCEPTIONNEL DE JAZZ du groupe TIGER TRIO, le Vendredi 25 mars à 20h, lors de l’exposition Wang Keping. PLUS D’INFOS

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