exhibitions

Alix Le Méléder

  • 06.05.2006 - 10.06.2006|

Les tableaux d’Alix Le Méléder sont des toiles carrées de formats variables jusqu’à 2m x 2m pour les plus grandes où quatre éléments de forme indéfinie s’inscrivent dans l’immédiat voisinage des quatre bords, sensiblement à équidistance. Il s’agissait primitivement de taches rouges obtenues par superpositions de touches parfois violentes formant successivement un dépôt : "Je travaille toujours de la même façon, indique Alix Le Méléder…Je me concentre sur quelque chose pour faire monter la tension en essayant de court-circuiter l’imaginaire qui tend à reprendre le dessus…C’est une manière d’aller « au-delà » au sens que donnait Breton avec l’écriture automatique, mais il s’agit moins ici de saisir l’inconscient que d’acquérir une forme de liberté… Je sentais la nécessité d’éclater l’espace toujours plus. C’est pour cela que j’en suis arrivée au format carré. Et puis, pour échapper à une sorte de face à face horizontal avec la toile, j’en suis venue à sa rotation. » Alix Le Meleder définit ainsi un espace-temps (rythmé par le mouvement de rotation qu’elle imprime à la toile, ce quart de tour qui l’amène à se concentrer sur la tache de droite) qu’elle rapproche du « rapport magique » défini par Walter Benjamin dans un petit texte intitulé Sur la peinture, ou : signe et tache, évoquant « cette magie temporelle (qui) apparaît essentiellement dans la tache, au sens où la résistance du présent entre le passé et le futur est supprimée (…) » Dans cette nouvelle génération de tableaux, les taches ont gagné une densité quasi charnelle, évoquant les fragments qui résulteraient d’un corps morcelé par quelque déflagration majeure que traduit la lumière aveuglante du blanc de la toile. Tout au bout de cette tension qui mène à l’achèvement d’un tableau, toute volonté d’expression s’évanouit. Alix Le Méléder déclare ne plus avoir même le choix de la couleur et de la forme : "A ce point, je n’éprouve quasiment plus rien, je ne ressens plus rien." B.Z..

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