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Philippe Hurteau

  • 29.10.2005 - 03.12.2005|

Philippe Hurteau collecte des captures d’images télévisuelles, de web-cams prises dans le flux des réseaux, d’écrans de surveillance, d’écrans d’ordinateurs… D’abord travaillées sur ordinateur (les croquis numériques), il s’inspire des caractéristiques visuelles de la vidéo et du numérique, mais aussi des techniques de cryptage (série Canal R.) avant de les convertir ensuite aux lois et aux techniques de la peinture.

Le thème abordé dans cette exposition est le « Studio », c’est à dire l’espace où l’Image s’engendre. Mot à multiples sens, qui renvoie à l’atelier du peintre (dont la figure historique serait l’atelier de Vélasquez, Les Ménines) et dont le lieu le plus médiatique serait aujourd’hui le studio de télévision où se trame l’imagerie contemporaine. Studio TV : où s’accomplit la confusion du réel et de sa représentation sous contrôle. « Quand le studio est vide, indique Philippe Hurteau, le corps y brille par son absence. Quand une figure le traverse elle se révèle être elle-même une image. » L’espace du « studio » est tapissé d’images, mais le studio est lui-même une image télévisuelle où l’image télévisuelle apparaît en abîme.

Pour Philippe Hurteau le tableau de Vélasquez n’est-il pas d’abord un « studio », autrement dit un espace où se pense et se fabrique l’image, la « représentation de la représentation » d’après Michel Foucault. L’œil du pouvoir. « Dans cet espace de voyeurisme, on ne sait pas qui regarde et qui est regardé. La fascination de ce tableau tient peut-être à ce qu’il montre à la fois du visible et de l’invisible, du réel et de la pensée.. Il rend palpable une autre sphère. Il décrit un espace possible, mais il en montre un autre, celui du regard. »

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