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Rob Johannesma « Triadic Memories »

  • 10.01.2004 - 08.02.2004|

La première exposition personnelle* en France de Rob Johannesma est l’occasion de présenter sa plus récente vidéo, Triadic Memories ; I was of three minds, like a tree, in which there are three blackbirds (vidéo projection 16’ couleur et noir & blanc) ainsi qu’un ensemble de photographies.

Triadic Memories est une vidéo réalisée à partir d’un groupe de trois photographies d’un même paysage – un paysage forestier aux tonalités violentes, plutôt hostile à la vie humaine – formant un collage associant des images aux points de vue multiple par l’intermédiaire d’un œil de caméra géré par ordinateur selon des coordonnées bien précises. Le propos de la vidéo est, en premier lieu, de combiner les illusions d’optique en variant les coordonnées, modifiant sans cesse les angles de vue et le tempo tout en jouant sur la répétition des mouvements de la caméra, de sorte que cette recherche de la réalité (dont l’impatience est exprimée par de petits mouvements successifs) ne parvient qu’à mettre en évidence l’illusion et à formaliser ce que l’artiste nomme « une désorientation de la mémoire ». Dans un deuxième temps, le comportement de la caméra change radicalement et s’intéresse à la structure de l’image elle-même en y associant des copies plus ou moins dégradées de la photographie originale. L’Exploration du paysage se poursuit dans une dimension fictionnelle où la vidéo dans son ensemble devient métaphore, prise entre la réalité et l’imagination.

L’artiste parvient ainsi à créer un désir « contre-nature » qui pousse le spectateur à vouloir se fondre dans le paysage sans pouvoir y parvenir. « C’est un peu, dit-il, comme si on voyait quelqu’un sauter par deux fenêtres en même temps, ou bien comme si la copie exacte de ce quelqu’un entrait dans une pièce, et une fois assis, prononçait les mots exacts que celui-ci avait dans la tête. (…) Au fond, c’est comme s’il n’y avait pas, en dépit des apparences, plusieurs possibilités de considérer ce paysage ou même le monde, mais plutôt que ce soit le monde qui suscite toutes ces impressions et que ce soit lui qui nous considère. »

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