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Ákos Birkás / David Lefebvre

  • 06.09.2008 - 05.11.2008|

Ákos Birkás

Longtemps, les tableaux d’Ákos Birkás, construits en diptyques, ont évoqué des « têtes » (Köpfbilder) sous l’aspect d’une simple forme ovale souvent à l’échelle du corps (il en existe plus de 200) pour devenir à l’horizon 2000 de véritables portraits, suggérant ainsi l’apparente symétrie de la figure humaine autant que la possibilité schizophrénique de la personnalité.
Quelques années plus tard, ces portraits se projettent dans l’espace d’un tableau au format panoramique où plusieurs visages apparaissent ensemble au premier plan sur un fond d’écran suggérant un événement plus ou moins explicite.
Cette évolution s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui dans le sens d’une prise en compte de la figure dans sa dimension d’acteur social, le tableau devenant plus proche d’un arrêt sur image. Le traitement de la couleur en aplats, la simplicité du dessin et la clarté de la composition sont les principaux caractères marquant l’efficacité des représentations d’Ákos Birkás : autant de scénarios pris dans le film quotidien de la vie ou plus spécifiquement lies au contexte d’une actualité parfois brûlante.


David Lefebvre

Première exposition à Paris de David Lefebvre, peintre « basse def ». [1] Les sujets sont indifférents – une sortie en boîte, une scène de livraison, un top model, un bâtiment préfabriqué, un lac de montagne, un poulet dans l’herbe – et leur provenance médiocre : photos découpées dans des magazines ou prises par téléphone portable, vidéos déposées sur Youtube, messagerie MMS. Insignifiantes en elles-mêmes, le retraitement pictural de ces images en « tableaux » modifie cependant leur statut quand bien même cette œuvre d’art - là ne prétend rien montrer qui la justifie comme telle. Bien au contraire, comme elle paraît coller au plus près de la banalité, le premier effet visible, est un effet « brut » : David Lefebvre peint vite, il accepte la maladresse de certaines coulures, laissant intact des parties de toile vierge. Il ne cherche pas à « bien faire » – même s’il s’agit à l’occasion de maîtrise technique – car rien de ce qui est montré ne mérite une réelle sublimation. La peinture basse définition de David Lefebvre dont la spontanéité est néanmoins exempte de la moindre naïveté, fait preuve d’une sincérité qui nous touche. Elle apparaît comme « le résultat d’un goût ambigu pour les choses, et comme les blogs hébergés sur MySpace, elle s’appuie sur un simple appétit de gestes. » [2]


ENGLISH VERSION

Ákos Birkás

For some considerable time Akos Birkás’s paintings, constructed in diptychs, evoked « heads » (Köpfbilder) in simple oval forms (more than 200 of them), often on the scale of the body, which by the horizon of 2000 had become veritable portraits suggesting the apparent symmetry of the human figure as much as the schizophrenic possibilities of the personality.
Some years later, these portraits are projecting into the space of a painting in panoramic format, with several faces appearing together in the foreground, against a background of a screen suggesting a more or less explicit event.
This development has been pursued up to the present time, with the figure being taken into account in its dimension as a social actor, and the painting becoming more akin to a film still. The colour fields, the simplicity of the line and the clarity of the composition are the essential characteristics that mark the efficacy of Akos Birkás’s representations, as scripts drawn from the film of daily life, or more specifically linked to the context of current (and sometimes burning) issues.

David Lefebvre

First Paris exhibition by David Lefebvre, a « low def » painter. [1]. The subjects are inconsequential (a nightclub, a delivery scene, a supermodel, a prefabricated building, a mountain lake, a chicken in the grass) and their origins unexceptional (photos cut out of magazines or taken with mobile phones, videos from YouTube, MMS messages). Insignificant in themselves, the pictorial treatment of these images as « paintings » nonetheless modifies their status, although as « works of art » they do not claim to show anything that might justify them as such. Quite the contrary – to the extent that they seem close to banality, the first thing that is visible is an « raw effect ». Lefebvre paints fast, he accepts the fact that paint runs, and he leaves parts of his canvases intact. He does not seek to « do it right », even if it would be tempting to use a sophisticated technique - because his subjects do not deserve such sublimation. Lefebvre’s « low definition » painting, whose spontaneity is nonetheless free of naivety, manifests a sincerity that is touching. It appears as « the result of an ambiguous taste for things, and as blogs on MySpace, resulting from a simple appetite for gesture. » [2]

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