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John Hodany

  • 16.09.2010 - 23.10.2010|

Si l’on cherche à savoir qui est au juste John Hodany on le trouvera à la jonction entre l’homme de l’art et l’homme de science, l’artiste et le savant. Son œuvre connaît depuis une dizaine d’années un développement qui ne doit rien à la fantaisie mais à la rigueur d’une logique personnelle. Chacune de ses expositions marque ainsi une étape sous la conduite d’une « théorie critique de l’évolution » dont les principes néo-darwiniens le conduisent à des applications non-euclidiennes. Pour la théorie, il faudrait se reporter aux récentes études sur la segmentation animale dont l’origine remonterait à la diversification cambrienne il y a 540 millions d’années pour induire une structure anatomique modulaire composée d’unités identiques – un caractère commun à de nombreuses espèces (dont l’homme) – à laquelle semble faire écho la sculpture-machine Lock Claw Skill Crane (2007-2008). Pourtant la première remarque qui vient en considérant les représentations sur toile ou sur papier de John Hodany c’est l’absence de la figure humaine. Paysages inhumains évoquant la science fiction et la bande dessinée, paysages urbains – tel Last Inhabitants- Interchange two of 4 où les pigeons manifestent la seule présence vivante sur les quais d’un métro déserté – ils ne sont pas sans évoquer par la répétition et la rupture d’éléments architecturaux les photographies des sites industriels de Bernd et Hilla Becher. Ces paysages désertiques limités à quelques rochers bordant un plan d’eau ne sont habités que par des animaux dont la présence est signalée de manière plus générique que réelle : figures fragmentées et répétées du cygne, du castor, de la belette (First Inhabitants- Interchange one of 4). Hodany a recours à une méthode personnelle associant les moyens de la peinture – avec la sensibilité tactile qui lui est propre – à un processus de type « copier coller » informatique. Il s’agit de transformer des images obtenues par « compression fractale » où le principe de segmentation à partir de figures sources conduit par soustraction à en recréer de nouvelles à l’identique. Rochers, animaux ou tous autres objets passent ainsi par le stade du « motif ». Hodany coupe dans la surface peinte et transporte soigneusement ces fragments pour les refixer à de nouveaux emplacements de sorte qu’en disparaissant pour réapparaitre au sein de la même composition, les figures donnent l’illusion de s’être déplacées.

Un autre caractère est étroitement lié à ce mode de représentation : en effet tout objet fractal est une structure liée à la notion d’échelle. En privilégiant l’échelle 1 dans ses œuvres récentes – ainsi la figure majestueuse et froide d’un phoque agrandi à taille humaine (Venus in Antarctica) ou dans sa toute dernière composition le comptoir d’un bar comme une invitation directe à la présence humaine – Hodany renvoie à la conception de l’icône, à l’effet miroir qui autorise de manière indirecte l’accès au spectateur, tel un avatar dans sa représentation du monde. Bernard Zürcher


John Hodany (né en 1974 NY, NY) vit et travaille à Berlin et à New York.
Il reçoit en 2002 son M.F.A aux Ateliers 63 à Amsterdam (NL) et son B.F.A à la Cooper Union de New York.

Expositions personnelles (sélection) :
2009 : Holly Rollers, Galerie Lena Bruening, Berlin, DE
2007 : "Works on paper", Galerie Loyal, Stockholm, Suède
2003 : "That In Between Time", Galerie Fons Welters, Playstation, Amsterdam, NL

Exposition de groupe (sélection) :
2009 : "Wild Feature", commissariat de Brian Belott, Zürcher Studio, NY / Galerie Zürcher, Paris
2008 : "Precurse", commissariat de John Hodany, Nationalmuseum, Berlin, DE ; "They Told the Future Backwards", Nationalmuseum, Berlin, DE ; "Caetano de Almeida, John Hodany, Michael Lazarus", Eleven Rivington Gallery, New York.

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