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Ákos Birkás

  • 07.12.2010 - 20.02.2011|

Après avoir pendant plus de vingt ans œuvré dans le champ de "l’abstraction", Ákos Birkás a réinvesti celui de la représentation figurative. Il ne l’avait abordé jusque là que par le medium photographique quand, dans les années 1977-80, rejetant les formes "autorisées" de la peinture hongroise, il s’était attaché à capter de manière obsessionnelle le visage d’un ami sous couvert d’anonymat. Les formes ovales que Birkas considérait comme des visages "abstraits" devenaient peu à peu, pendant la décennie 1990, des sortes de corps informels se rapprochant progressivement de l’échelle humaine. A l’horizon 2000, celles-ci sont devenues de véritables portraits faisant allusion a l’apparente symétrie de la figure humaine comme au caractère schyzophrénique de la personnalité.

Quelques années plus tard, ces portraits ont cédé la place a des projections picturales en forme de panorama. Ces oeuvres trouvent leur source dans des articles découpés dans la presse que l’artiste a collecté depuis 2005 jusqu’à aujourd’hui. Pour Birkás, si la perception du monde est largement tributaire des images médiatiques, ce n’est pas pour autant que le sens inscrit dans le lent processus de la création picturale est obsolète. Pour lui la photo de presse offre un champ des plus vastes à la pensée : “ Toutes mes oeuvres récentes sont concues de la sorte”. La figure humaine y est prise en compte dans sa dimension d’acteur social, cependant que le tableau se rapproche d’un “arrêt sur image” lequel garderait en suspens une trace de la tension dramatique de la situation.

Le portrait comme genre classique se transforme ici en manière de représenter une attitude dont l’intention n’est pas sans renvoyer à des questions dont le caractère est social et politique. Il n’en reste pas moins que Birkás garde ses qualités de coloriste exceptionnel. En décrivant le plus banal vêtement il lui confère une luminosité qui semble tirée de l’observation attentive d’une scène religieuse de Véronèse ou de Tintoret : ces maîtres de la Renaissance italienne qu’il découvrit dans sa jeunesse à Venise lors de son premier voyage à l’Ouest, dans le monde libre.

Ákos Birkás (né en 1941) étudie la peinture à l’Ecole des Beaux-Arts de Budapest de 1959 à 1965. Ses “figures abstraites” font partie des oeuvres les plus significatives des artistes hongrois contemporains des années 1970. Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections privées et publiques et en particulier dans les collections du Musée Ludwig à Vienne et à Budapest. Le Musée Ludwig à Budapest lui a consacré une première et importante rétrospective en 2006. Parmi ses expositions personnelles (une sélection depuis 2005), citons Galerie Eigen + Art, Leipzig (2008 and 2010), Galerie Zürcher, Paris (2006 et 2008), Ákos Birkás, Works 1975-2006, Kunstverein Göttingen et New Paintings, Knoll Galerie, Wien (2007) ; In Diesem Moment, Kunstverein Rosenheim et Private Matter, Kunsthalle Budapest (2005).

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