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Paul DeMuro

  • 15.11.2012 - 03.01.2013|

Les tableaux de Paul DeMuro exercent, par les seuls moyens de la peinture, une fascination. Le regard y est aspiré dans un espace hétérogène qui « fait écran » à la représentation : des images d’écrans qui ne renvoient qu’à eux-mêmes, images lumineuses composées d’écrans vides mais d’un vide construit en épaisseur. Ainsi la lumière s’origine-t-elle dans l’épaisseur même de la peinture. Cette mise en relief quasi sculpturale n’est pas sans évoquer les Combine Paintings de Rauschenberg, mais ici les éléments hétérogènes sont absents car le tableau lui-même, dans l’exercice paradoxal d’une représentation sans objet, fonctionne visuellement comme un miroir : l’encadrement peint le souligne. Inscrit dans le tableau, il induit une fausse perspective. La peinture y atteint sa dimension la plus tactile – celle-ci se trouvant parfois renforcée de manière explicite par le contour de mains, ces mains « négatives » des peintures pré-historiques que Man Ray a également utilisé dans un rayogramme The Kiss (1922) . Mais si un tableau de Paul DeMuro peut se laisser comparer à un miroir, ce serait le « miroir magique » des contes de Grimm, un miroir sans tain dont la particularité est de ne réfléchir qu’une partie de la lumière qu’il reçoit et de laisser passer l’autre partie, marquant la séparation d’un rayon incident en deux flux lumineux, l’un réfléchi et l’autre réfracté. C’est par le tracé de telles incidences et de telles réfractions que Paul DeMuro tente de révéler le rapport mystérieux qui relève de l’intime derrière l’écran – de l’ordinateur ou de l’iPhone. Un schéma que l’artiste fait correspondre à une application logicielle basée sur le principe d’une inversion de l’image photographique. Ainsi, par un usage intuitif de la couleur mise en relief, il cherche à mettre « la relation humaine » en connexion avec la machine. Pour lui, « le jour n’est pas si lointain où un programme informatique sera capable de reproduire ces messages les plus intimes – posts, pics, tweets etc – qui définissent notre identité sous la forme d’un algorithme dont la répétition à l’infini nous fera exister bien après que nous ayons disparu corps et bien. » Bernard Zürcher

Presse :
New York Times :
http://www.nytimes.com/2012/12/07/arts/design/paul-demuro-revelations.html?_r=0


A l’occasion de cette exposition, un catalogue avec un texte de John Yau a été publié (cf. version anglaise ici)

Paul DeMuro (né en 1981, vit à Brooklyn, NY). Il est diplômé de la Temple University de Philadelphie (2007) et de la Rutgers University, NJ (2010). Il a obtenu en 2012 le Purchase Prize de l’American Academy of Arts and Letters.
Expositions (sélection) : 2012 Revelations*, Zürcher Studio, New York, NY ; Techno Nature, Zürcher Studio, New York, NY ; Broken Window Plane, Tracy Williams ltd, New York, NY ; Rutgers MFA Open Studios, Mason Gross*, New Brunswick, NJ ; Mythografia, Bull and Ram, New York, NY – 2011 Bleach (with Alex da Corte), Jolie Laide, Philadelphia, PA ; In Between the Sheets, Harlem Workspace Gallery, New York, NY ; Exprist, Columbia University, New York, NY – 2010 De-Nature, Jolie Laide, Philadelphia, PA ; Off The Map, White Box, New York, NY. Il est représenté par la galerie Zürcher, Paris-New York.
*expositions personnelles

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