exhibitions

David Lefebvre

  • 12.01.2013 - 23.02.2013|

Picture(s)

David Lefebvre peint des images prélevées au départ dans le flux des images de la vie quotidienne, souvent médiocres en qualité et d’apparence banale : photos découpées dans des magazines ou prises avec un téléphone mobile, captures d’écran ou encore - et surtout - images glanées sur le net. Il y a des personnes aussi bien que des paysages, des portraits de proches comme de parfaits inconnus ; des paysages champêtres comme des sites urbains. Des images prises, dit-il souvent, « dans le désordre » qui forment le point de départ de tableaux peints à l’huile sur toile. Partant d’une image très pauvre, de basse définition, David Lefebvre ne cherche pas à masquer cet état mais à le préserver jusqu’au stade final du tableau terminé. L’aspect « inachevé » qui laissait apparaître il y a quelques années la toile vierge dans un « carré blanc », témoin du support matériel du tableau autant que signe de censure à l’écran, est aujourd’hui remplacé par un floutage constitué d’une résille qui tranche avec l’environnement dont l’aspect réaliste apparaît renforcé par contraste. Cet « effet vitrail » composé de cellules constitue en fait un codage ou un cryptage de l’image de départ, laquelle reste présente dans ce code, mais pour ainsi dire chiffrée, il signe du même coup sa perte de donnée, une béance dissimulée comme le ferait un camouflage. David Lefebvre, en repoussant toujours plus loin les limites, cherche cette fois à franchir un hypothétique au-delà de l’image.


David Lefebvre paints images cut out of magazines or downloaded from a mobile phone, screenshots or – and in particular – found on the Internet. They are often indifferent in quality, and banal in appearance. There are people and landscapes, portraits of friends and others, the countryside and the city. They appear, as he says, « in no special order », but are points of departure for paintings in oil on canvas. He starts with an impoverished, low-definition image, and does not try to dissimulate the fact, but takes it through to the completed work. The « unfinished » aspect which, some years ago, left a blank « white square » on the canvas as a witness to the material substratum of the painting, but also a signifier of on-screen censorship, has now given way to fuzziness created by a « net » effect that stands out against a background whose realistic appearance is reinforced by the contrast. The « stained glass » look produced by the grouped cells constitutes, in reality, a coding or an encryption of the palimpsest, which remains present in the final image, but, in a sense, as a cipher. By the same token, it signs its own loss of data – a gap dissimulated, as though by camouflage. Lefebvre pushes the limits back ever further. And in this case he ventures beyond a hypothetical transcendence of the image. Retour ligne manuel
Bernard Zürcher

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