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Matt Bollinger

  • 15.03.2014 - 17.05.2014|

Matt Bollinger (né en 1980. Il vit à New York) a commencé très jeune par dessiner sur un carnet de dessin offert par sa grand-mère. Il y copiait avec enthousiasme des scènes vues dans des comics. Ce furent ses premiers livres. Ils restent profondément gravés dans sa mémoire. Aujourd’hui c’est encore dans les livres qu’il trouve ses personnages et les sources d’inspiration des images qu’il construit par collage. Au départ le procédé peut être qualifié de peinture « indirecte » : il peint sur des feuilles de papier puis les découpe et les colle en superposition. Récemment, il a développé une nouvelle technique de peinture « directe » sur toile, sur panneau et parfois sur bâche qui combine le collage des papiers à la peinture. Cette combinaison de surfaces fondues et juxtaposées rend la composition plus complexe et renvoie à la structure feuilletée de la mémoire qui retient et délivre simultanément des images comme à la lecture des pages d’un livre. Vu sous cet angle, le tableau constitue l’association d’évènements simultanés dans un dispositif fragmentaire de la représentation où cohabitent fiction, histoire de l’art ou même folk music. Matt Bollinger considère les livres eux-mêmes comme autant de portes ouvrant sur des mondes parallèles à l’intérieur desquels il fait apparaître des personnages liés à des souvenirs personnels. Autant de « portraits » où ils sont représentés tenant un livre - et l’on pense à ces « attributs » des figures de saints dans les représentations médiévales (enluminures, chapiteaux, fresques et vitraux de l’époque romane) - manière de signifier qu’il s’agit ici d’imager la pensée plus encore que l’écriture. Car ces images figuratives présentent une forte proportion d’abstraction. Les scènes sont aussi peu narratives que possible : pas un geste qui traduirait une quelconque action ni même la trace d’une véritable existence mais seulement la manifestation d’une expérience mentale dont témoignerait l’artiste, qui se désigne lui même aussi bien en « rêveur éveillé qu’en lecteur invétéré ». Une composition monumentale, The Reservoir, constitue la « toile de fond » de toute l’exposition : une librairie en ruine où les livres entassés sur les rayons évoquent la possibilité d’expériences multiples auxquelles Matt Bollinger a donné des visages.


Publication d’un catalogue, interview de Matt Bollinger par Zachary Keeting


Expositions personnelles (sélection) / Bed on the Floor, Zürcher Studio, NY (2013) ; Between the Days, galerie Zürcher, Paris (2012) ; About Midnight Saturday, Zürcher Studio, New York, NY (2011), Welcome Home Matt Bollinger, Hudson D.Walker Gallery, Provincetown, MA (2011) ; Miss You, artSTRAND, Provincetown, MA (2010)

Expositions de groupe (sélection) / Come like Shadows, a show curated by David Cohen, Zürcher Studio, NY (2014) ; The First Ending : Resembling Noir, a show curated by Matt Bollinger, Zürcher Studio, NY (2013) ; Mark, Wipe, Scrape, Shape, Spaceshifter, Brooklyn, NY Red Herring, Fjord Gallery, Philadelphia (2012) ; The Dorian Project by Ilan Cohen & Quang Bao, SecondGuest, New York (2012) ; Art Los Angeles Contemporary, Zürcher Studio Booth, Los Angeles, CA (2012) ; Matt Bollinger, Marc Desgrandchamps, David Lefebvre, Taylor Mckimens, Galerie Zürcher, Paris, France Drawing Now, Art Fair, Galerie Zürcher, Paris, France (2011) ; Salon Zürcher, Zürcher, Studio, NY (2011) ; Room for Error, Provincetown Art Association and Museum, Provincetown, MA (2011) ; In a Violet Distance, Zürcher, New York, NY (2010) ; Nice to Meet You, Sloan Fine Art, New York, NY (2010) ; Mutual Migration, Michael Rosenthal, San Francisco, CA (2010) ; Fellows Exhibition, Provincetown Art Association and Museum, Provincetown, MA (2010) ; Invitational, Hudson D. Walker Gallery, Provincetown, MA (2009)


It was at an early age that Matt Bollinger (born in New York in 1980) began drawing in a sketchbook given to him by his grandmother. His applied himself to copying scenes from comic books, which provided him with his first literary experience. And books are still sources of characters and inspiration for his collages. His initial approach was, it might be said, "indirect" : he painted on paper which he then cut up to make compositions. More recently, he has been combining this technique with direct overpainting. His integrations and juxtapositions of surfaces make the result more complex, recalling the stratified structure of memory which simultaneously retains and displays images, like a book being read. Looked at this way, paintings bring events together in a fragmentary form of representation that embraces fiction, art history, or, indeed, folk music. Bollinger considers books as, in a sense, doors that open onto the parallel worlds of his characters, who are linked to personal memories. The subjects of these "portraits" hold books in their hands – and here one might think of the "attributes" of saints in medieval forms of representation such as illuminated manuscripts, the capitals of columns, frescos and Romanesque stained glass – signifying that the images are those of thought rather than writing. Though figurative, they also comprise a large amount of abstraction. The scenes could not be less narrative : there are no gestures that express actions, nor is there any trace of real existence. These are manifestations of mental experience by someone who sees himself as a "chronic daydreamer and voracious reader". And the monumental The Reservoir constitutes a "backdrop" to the entire exhibition, with its depiction of a chaotic bookshop in which piled-up volumes suggest the possibility of multiple experiences, for each of which Matt Bollinger could well have invented a character.


A catalogue is published, Matt Bollinger interviewed by Zachary Keeting

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